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vendredi, 25 juillet 2008 20:43

Site internet ou portail documentaire ?

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Sémantique commerciale ou réelle avancée technique ?

 Depuis que l’internet existe, l’imagination des services marketing des grands fournisseurs de la toile n’ont cessé de nous abreuver de termes et de formules à consonance anglo-saxonne pour décrire une réelle avancée technique, parfois pour remettre au goût du jour une technique désuète (parce que découverte depuis plus d’un an), mais, le plus souvent, pour justifier le prix parfois exorbitant de leur prestation. Alors, est-ce que le terme « portail documentaire » rentrerait dans l’une de ces catégories ?

Tout d’abord quelle définition pourrions-nous donner à cette technologie ? Nous vous proposons celle fournie par Anne-Marie Libmann dans son article « Portail documentaire : Une approche participative  »

« Nous pouvons tenter une première définition qui est la gestion de contenus hétérogènes à destination d’utilisateurs nombreux et répartis en différentes catégories, ayant chacune leur propre profil (problématique, expertise, disponibilité….). »

Le portail documentaire est un site internet dédié au référencement de documents multi-supports destiné à un public divers et varié. Cela ne vous rappelle-t-il pas quelque chose ? Un portail documentaire ne serait-il pas, finalement, qu’un banal moteur de recherche ? Au risque d’en froisser certains, il semblerait bien !

Serions-nous, alors, la proie facile de ces hommes en costume venu nous vendre à prix d’or ce qui n’est qu’une pauvre moulinette de recherche développée par un étudiant boutonneux pendant sa pause ? Nous vous laissons juge, plusieurs belles affaires ont été développées de la sorte, les petits génies troquant bien volontiers leur acné juvénile contre un gros chèque en fin de mois. Mais trêve de jalousie, le plus populaire des moteurs de recherche à ce jour, Google, a su au fil des années s’imposer comme LA référence du marché.
Il me semble pertinent d’analyser son fonctionnement afin d’établir un cahier des charges destiné à ce qui pourrait être le portail documentaire de votre bibliothèque.

  1. Une interface simple, Out* les pages d’accueil surchargées dont le champ de recherche microscopique est coincé entre 2 lignes du menu sont donc à bannir.
  2. Un moteur de recherche puissant sachant reconnaître instantanément un nom d’auteur, un éditeur, la langue, un isbn …etc… Donc pas d’interface à champs multiples.
  3. Des réponses classées par ordre de pertinence, ce qui ne signifie pas forcément des réponses en fonction de la redondance du terme recherché. Certains moteurs de recherche associent les clics des utilisateurs aux mots-clés afin de fournir une réponse dite des plus populaires aux suivants.
  4. Sa capacité à indexer les documents rapidement et judicieusement.
  5. Son temps de réponse dépendant du langage de programmation, du programme développé et de l’architecture matérielle mise en place, connexion réseau incluse.
  6. Sa portabilité : on imagine aisément que demain votre portail documentaire répondra à des requêtes émises par des téléphones portables, des « eBook »…etc… D’où la nécessité de disposer d’un prestataire prêt à effectuer les mises à jour de votre installation.

* Out : Dehors

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Un portail documentaire pour qui ? Est-ce bien utile de se lancer dans l’installation d’une telle usine à gaz pour un fond de moins 100 000 documents (item*) qui ne fournirait en réponse à une requête qu’une vingtaine de lignes ? Anne-Marie Libmann indique le caractère multi-sites d’un portail documentaire: lorsqu'on questionne un moteur de recherche d’un portail documentaire, celui-ci renvoie une réponse issue d’une recherche dans plusieurs fonds d’archives stockés à différents endroits. Est-il judicieux de développer un portail documentaire pour un seul fonds ?

Qu’en est-il des solutions proposées aujourd’hui ?

Programme propriétaire, son libellé parle de lui-même, à moins de vouloir construire une nouvelle cité interdite, le risque du programme propriétaire demeure dans sa propension à n’être utiliser que… par son propriétaire.

Programme du domaine public ou sous licence GNU*
: peu onéreux il ne remplit pas forcément exactement les tâches pour lesquelles il a été installé. A ce sujet, il existe des programmes dit « portails communautaires », ils sont gratuits pour la plupart et faciles à installer. S’ils sont très performants pour la gestion des utilisateurs et du contenu (Voir le site du CUTO), leur moteur de recherche ne répondra pas à vos souhaits, il vous faudra installer un module de votre facture ou en trouver un sur le net.

Ne serait-ce pas de l’autorité d’un organisme centralisé d’organiser l’indexation et la recherche dans les multiples fonds bibliothécaires de la France ? Les économies d’échelle et de fonctionnement ne peuvent que nous éblouir. Les bibliothèques n’auraient qu’à fournir l’ensemble de leurs fonds sous la forme d’un fichier XML* ou HTML* afin que l’organisme centralisateur n’ait qu’à moissoner le fichier de chacun pour l’indexer et fournir à l’utilisateur final une interface cohérente, constante et conviviale. La BNF pourrait avoir ce rôle et se poser ainsi en gardien du temple face à un Google sans cesse plus gourmand en matière de numérisation des fonds de bibliothèques. Mais ceci est un autre débat

Je vous invite à nous faire part de votre expérience ou tout simplement à en discuter sur notre forum.

* Item : Objet 

LEXIQUE

GNU :  Son nom est un acronyme récursif qui signifie en anglais « Gnu's Not Unix » (littéralement, « GNU n'est pas UNIX ») (Source Wikipedia )

pour en savoir plus http://www.gnu.org/home.fr.html

Le XML (Extensible Markup Language) et le HTML (Hypertext Markup Language) son deux langages de balisage communément utilisés sur l'internet.

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